Rega Nd9 MM

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Description

Rega Nd9 MM

La Rega Nd9 est la cellule à aimant mobile (MM) qui coiffe actuellement la gamme Nd du constructeur britannique. Elle vient prendre le relais de la très réussie Nd7 en poussant beaucoup plus loin le travail sur le cantilever, le générateur et le profil du diamant.

Chez Rega, l’idée est assez intéressante : proposer une cellule MM capable d’aller chercher une quantité d’informations normalement associée à des modèles plus ambitieux, tout en conservant la simplicité d’utilisation propre à une cellule à aimant mobile. La Nd9 reprend ainsi le principe d’aimant néodyme de la famille Nd, mais lui associe un cantilever en bore et un diamant Fine Line nude directement inspiré de ce que Rega utilise sur sa cellule MC de référence Aphelion 2.

Elle se situe donc au sommet de la famille MM Rega, au-dessus des Nd3, Nd5 et Nd7. Le constructeur conserve par ailleurs dans son catalogue ses cellules MC Ania, Ania Pro, Apheta 3 et Aphelion 2 : la Nd9 n’a pas vocation à remplacer une bonne cellule MC, mais plutôt à repousser très loin ce qu’il est possible d’obtenir avec une architecture MM.

C’est particulièrement cohérent sur une platine Rega équipée d’un bras Rega, puisque la fixation trois points permet un montage et une géométrie particulièrement simples. La Nd9 est d’ailleurs proposée montée d’usine sur la Planar 8.

Mon avis : la Nd9 devient réellement intéressante lorsque le reste de la platine, du préampli phono et du système est suffisamment transparent pour exploiter son potentiel. Sur une petite installation, elle risque surtout de constituer un investissement disproportionné. Sur une bonne Rega, en revanche, elle peut devenir une très belle manière de franchir un cap sans passer immédiatement au monde des cellules MC.

Une conception pensée pour extraire davantage d’informations du sillon

Avec la Nd9 MM, Rega n’a pas simplement changé deux ou trois composants de la Nd7. Le travail porte notamment sur le cantilever, le générateur et la géométrie du diamant. L’objectif est de limiter autant que possible les pertes mécaniques entre le mouvement du diamant dans le sillon et le signal électrique produit par la cellule.

Les choix techniques

La pièce maîtresse de la Nd9 est son cantilever en bore. Ce matériau est à la fois très léger et particulièrement rigide. Dans une cellule phono, ce compromis est important : le cantilever doit suivre les variations extrêmement rapides du sillon sans se déformer inutilement.

Rega lui associe un diamant Fine Line nude, dont le profil possède une très faible surface de contact dans le sillon. Le fabricant annonce un rayon mineur de seulement 3 µm et un rayon vertical de 30 µm. Ce type de profil permet de suivre très finement les informations gravées dans le disque, mais demande aussi davantage de soin dans le réglage qu’un diamant plus simple.

Le choix du bore n’est d’ailleurs pas anodin dans la gamme Rega. La Nd7 utilise déjà un ensemble cantilever/diamant très haut de gamme, tandis que la Nd9 récupère ici une technologie de cantilever réservée aux modèles les plus ambitieux de la marque. Rega a dû développer une petite pièce de liaison spécifique pour connecter l’aimant néodyme au tube de bore. La marque indique avoir travaillé avec un fabricant spécialisé dans l’horlogerie pour réaliser cette pièce.

Le générateur a également été revu. La Nd9 utilise des mini-bobines parallèles, bobinées en interne avec du fil de 38 µm et 1 275 spires. Rega annonce ainsi un générateur à faible inductance et faible impédance, destiné notamment à améliorer la réponse dans le haut du spectre. La géométrie des pôles a également été optimisée pour améliorer la linéarité et la séparation des canaux.

Autre particularité :

L’aimant est un néodyme N55. C’est cette technologie qui caractérise la famille Nd et qui permet à Rega de conserver une architecture à aimant mobile tout en disposant d’un générateur particulièrement compact.

Le tout prend place dans un corps en PPS chargé de fibre de verre, injecté avec une grande rigidité. Ce matériau permet d’obtenir une structure légère et peu résonante, sans alourdir inutilement l’ensemble mobile du bras.

Enfin, Rega conserve son système de fixation trois points. C’est un détail qui devient particulièrement appréciable avec un diamant Fine Line : sur un bras Rega compatible, le montage est nettement moins délicat qu’avec une cellule traditionnelle à deux points de fixation. Sur un bras non-Rega, en revanche, il faut vérifier soigneusement la compatibilité avant de se lancer.

Pourquoi utiliser ce produit ?

La raison principale d’opter pour une Nd9 est assez simple : aller plus loin dans la lecture du disque sans passer immédiatement à une cellule MC.

Par rapport à une cellule plus abordable, la Nd9 cherche davantage de précision dans le suivi du sillon et une meilleure capacité à démêler les informations lorsque l’enregistrement devient complexe. C’est particulièrement intéressant sur les passages chargés, les grandes formations, les enregistrements acoustiques riches en harmoniques ou les albums dont la production laisse beaucoup d’informations dans les micro-détails.

Les premiers retours d’écoute disponibles vont dans ce sens. La comparaison directe avec la Nd7 met notamment en évidence une meilleure maîtrise lorsque la musique devient dense, avec davantage de séparation et de détails conservés dans les passages complexes. La Nd9 semble également capable de rester plus cohérente lorsque le niveau d’information augmente fortement.

Il faut toutefois garder la tête froide : un diamant plus sophistiqué ne transforme pas miraculeusement un mauvais pressage en référence audiophile. Il ne corrige pas non plus les défauts d’un bras mal réglé, d’une platine mal installée ou d’un préampli phono limité.

C’est même l’un des points importants avec cette cellule : plus le profil du diamant est précis, plus le réglage devient important. Sur une Rega équipée d’un bras trois points compatible, la marque facilite considérablement les choses. Sur une autre platine, il faudra accorder davantage d’attention à la géométrie et à la compatibilité mécanique.

La Nd9 conserve par ailleurs l’avantage pratique d’une cellule MM avec une tension de sortie annoncée entre 5 et 6 mV. Elle peut donc fonctionner avec un étage phono MM classique, à condition que celui-ci soit à la hauteur du reste du système.

Pour quel type de système ?

La Nd9 prend tout son sens dans une installation Hi-Fi déjà sérieuse, où la platine et le bras sont capables de suivre la cellule.

Une Rega Planar 6, Planar 8 ou une configuration Rega équivalente constitue naturellement un terrain particulièrement cohérent. Le fait que la Nd9 soit proposée montée d’usine sur la Planar 8 n’est d’ailleurs pas un hasard : l’association permet de bénéficier de la simplicité de montage du bras Rega et d’une géométrie pensée pour fonctionner ensemble.

Sur une platine plus modeste, je serais plus réservé. Ce n’est pas que la Nd9 ne fonctionnerait pas ; c’est simplement que son potentiel risque de rester partiellement inexploité. Une bonne cellule moins ambitieuse peut alors offrir un meilleur équilibre budgétaire.

Il faut également réfléchir au reste de la chaîne. Une cellule de ce niveau mérite un préampli phono MM silencieux et transparent, ainsi qu’un système suffisamment résolvant pour que les différences soient réellement audibles.

Face à la Nd7, la question est donc moins « laquelle fonctionne ? » que « mon système permet-il d’entendre ce que la Nd9 apporte ? ». La Nd7 reste une cellule très aboutie et son rapport qualité/prix demeure particulièrement intéressant. La Nd9 s’adresse plutôt à celui qui possède déjà une installation capable de faire ressortir ses qualités et qui souhaite aller chercher davantage de définition et de maîtrise.

Il faut enfin rappeler que la Nd9 reste une cellule MM. Si l’objectif est de découvrir spécifiquement les qualités d’une architecture MC, il faudra regarder du côté de l’Ania Pro, de l’Apheta 3 ou des modèles supérieurs de Rega. La Nd9 constitue davantage le sommet de la philosophie MM de la marque qu’un substitut direct à ses meilleures cellules MC.

Spécifications techniques

CaractéristiqueRega Nd9
TypeCellule phono à aimant mobile (MM)
Tension de sortie nominale5 à 6 mV
DiamantFine Line nude diamond
Profil du diamantFine Line nude
CantileverBore
AimantNéodyme N55
GénérateurGéométrie spécifique, mini-bobines parallèles
BobinageFil de 38 µm, 1 275 spires
Fixation3 points, pour bras Rega compatibles
Pression d’appui1,75 g
CorpsPPS chargé de fibre de verre
Couleur de la fenêtreAmbre
FabricationAssemblage réalisé à la main
Montage d’usineDisponible sur Rega Planar 8
Emballage100 % recyclable
Programme de reconstructionOui, via le réseau Rega

En résumé

La Rega Nd9 est une cellule assez révélatrice de la philosophie de la marque : plutôt que de multiplier les artifices, Rega travaille sur les éléments qui ont une influence directe sur la lecture mécanique du disque.

Le cantilever en bore, le diamant Fine Line nude, le générateur miniaturisé et le corps rigide constituent un ensemble cohérent. Le résultat recherché est une lecture plus précise, plus stable et capable de conserver davantage d’informations lorsque la musique devient complexe. Les essais disponibles confirment surtout un gain de maîtrise et de résolution par rapport à la Nd7, davantage qu’un changement radical de personnalité.

La Nd9 n’est donc pas forcément la cellule à choisir pour une première platine. Elle s’adresse plutôt à l’auditeur qui possède déjà une bonne base et souhaite exploiter davantage ses vinyles, sans forcément passer à une cellule MC.

Et c’est probablement là que son positionnement est le plus intéressant : une MM très ambitieuse, conçue pour aller chercher une partie du niveau de précision des cellules plus coûteuses tout en conservant la simplicité d’un étage phono MM.

Pour une installation Rega suffisamment ambitieuse, c’est une évolution qui mérite clairement une écoute comparative avec la Nd7 avant de prendre une décision. Dans une chaîne plus modeste, je conserverais volontiers l’argent pour améliorer d’abord la platine, le bras ou le préampli phono.